papillon

« L’image que nous donne Patrick Veillet des | Extensions de doigts « Caméléon »/ 1998 | correspond très exactement à ces deux aspects de l’insecte. Le cadrage est resserré sur la main du modèle, portant les fameux appendices et tenant un morceau de bois sur lequel la carapace luisante d’un coléoptère apparait. Le corps de l’insecte, mis en rapport avec l’accessoire devient lui-même parure, bijou destiné à orner le lieu de la photographie, mais rappelant aussi que l’objet créé est un dérivé élaboré du monde animal. Dans un mémoire intitulé Le corps « chosifié » et l’objet « ressucité » par le maquillage et l’accessoire qu’il rédige pour le passage de son diplôme en arts appliqués, à l’Ecole Duperré, Patrick Veillet évoque ce que représente pour lui, la pratique du maquillage. Le fait de camoufler le corps, revient à cacher son identité, voire à l’annuler.
Cette idée qui sous-tend la pratique de Patrick Veillet pourrait être poussée jusqu’à la prise en compte d’une forme de renaissance du corps par la symbolique de l’accessoire. Cette renaissance ne s’effectue pas sous la forme ancienne que l’on connait, mais à partir d’une image qui provoque une hybridation entre les règnes naturels. En ce sens, la thématique de l’insecte correspond bien à ces effets multiples des croisements et aux métamorphoses. Dans Les mythologies de l’insecte, André Siganos compare l’animal aux nombreuses formes que peut prendre la pensée. De ce fait, l’insecte apparaitrait comme le fruit d’une adaptation parfaite aux plus profondes aspirations humaines; en particulier celle d’une réorganisation pourtant impossible du fonctionnement de notre pensée sur un mode qui ne serait plus binaire nous débouchons alors sur une nouvelle utopie, celle de l’ubiquité.(…) Les accessoires créés par Patrick Veillet entrainent un renouvellement du regard sur le corps et ce qu’il représente. A partir de ce principe, l’anatomie est considérée comme un relief à parcourir. La prise en compte des transformations apportées par l’ajout d’extensions lui donne le statut d’un objet à façonner. »
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Extrait de la thèse : Objets-environnements, des interfaces biomimétiques entre arts plastiques et design
Par Aurélie Michel

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